Joanni.
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lui avoit remis entre les mains fur le fleur Martin. Que le parafol, qui eft de taffetas noir, appartenant à ladite Jignard, il l'a laiffé chez la dame Noblet, limonadière fur le boulevard, pour quelque chofe qu'il lui doit tant pour boiffon qu'il a pris chez elle que pour argent qu'elle lui a prêté. Qu'à la vé­rité il a injurié et menacé ladite Jignard, mais que c'étoit dans un inftant où
il avoit pris trop de boiffon.
Signé : Louette.
Sur quoi nous commiffaire, etc., avons fait relaxer ledit Louette et l'avons
> remis à fa mère qui eft furvcnue et qui l'a réclamé ct qui a fait remettre à
ladite Jignard fon parafol, fauf aux parties à fe pourvoir pour le furplus de
la manière et ainfi qu'ils aviferont bon être. Dont et du tout nous avons fait
et dreffé le préfent procès-verbal. •             .
Signé : Maillot.
(Archive! det Comm., n° -77$.)
J OANNI (Jean-Ignace MAGRINI, dit), né en 1752, était ' sauteur au spectacle de Nicolet en 1771.
L'an 1771, Ie mardi io décembre, fix heures du foir, nous Nicolas Maillot, etc., étant fur le boulevard du Temple, étant entré au corps de garde dc ce boulevard fur réquifition, nous y avons trouvé fleur Nicolas-Jacques Cou­turier, officier de la garde de Paris, ayant l'infpection de ce même boulevard pour le bon ordre : Lequel nous a dit qu'en vertu des ordres à lui adreffés par M. le Lieutenant général de police, il vient d'arrêter le nommé Joanni, fauteur ci-devant chez Nicolet l'aîné, maître de fpectacle fur le boulevard, pour être ledit Joanni par nous envoyé en prifon pour caufe d'impertinences et infolences tant envers le public qu'envers ledit Nicolet. Nous repréfentant ledit Joanni pour l'entendre.
Signé : Couturier.
Sur quoi nous commiffaire, etc., avons fait comparoître ledit particulier arrêté et fur les interpellations par nous à lui faites, il a dit fe nommer Jean-Ygnace Magrini dit Joanni, natif de Nanci, âgé de 19 ans, fauteur ci­devant chez Nicolet l'aîné, maître de fpectacle, demeurant chez fa mère bou­levard du Temple, maifon de la dame Sibille. N"eft pas difeonvenu des impertinences et infolences ; mais a dit en étre fâché et a déclaré ne favoir écrire ni figner.
Ce fait, avons laiffé ledit Magrini audit corps de garde ès mains de Jacques Boudier, fergent de la garde de Paris de pofte aux Enfans-Rouges, pour par lu! le conduire ès prifons du For-i'Ëvêque et l'y faire écrouer de police par Ie premier officier du guet requis.
Signé : Maillot ; Boudier.
(Archive! dei Comm., n- 3778.)